La présente recherche a pour objectif d'analyser le rapport existant entre la mobilité
urbaine et l'évolution de la forme urbaine dans le contexte de la "modernisation"
en Chine, en prenant l’exemple du modèle émergent d’urbanisation
à Guangzhou. A partir de la notion de ville comme «systéme des interactions
sociales», deux approches sont à priori possibles : la mobilité urbaine comme le
contenu des interactions sociales d’une part, et les espaces sociaux comme le
contenant des interactions sociales d’autre part.
A partir des années 80, la ville de Guangzhou s’urbanise brutalement, elle devient
une «ville générique», dans laquelle nous vivons sans l’histoire qu’Aldo
Rossi a coutume d’imaginer. Alors que traditionnellement, la rue est la plus importante
partie des espaces publics pour les villes chinoises car elle combine les
caractéristiques de circuler et de communiquer, l’automobile occupe aujourd’hui
ce type d’espace public de façon prédominante. La sociabilité qui la caractérisait
y a été gommé, les réseaux viaires la déterritorialisent.
Parallèlement, les infrastructures viaires ont tendance à attirer la localisation des
pôles de centralités, notamment les grands centres commerciaux, qui choisissent
ces points stratégiques pour s’installer, comme les noeuds routiers ou les
échangeurs. A travers l’analyse du centre commercial de Tianhe, on constate
que ces nouveaux pôles de centralités articulent à la fois le réseau et le territoire.
Elles deviennent les morceaux de ville les plus dynamiques. La ville de Guangzhou
conquiert de nouveaux territoires avec cette forme d’organisation spatiale :
la multipolarisation autonome. Nous intitulerons ce concept de modèle d’urbanisation:
la métropolisation multipolaire.